Au XVè. siècle, une sénéchaussée était installée en ce lieu puis en 1552, un présidial y fut édifié, le Palais de Roanne qui devînt le siège exclusif de la justice royale, d’autant plus qu’une prison avait été créée en son sein pour suppléer et compléter celles précédemment aménagées par les archevêques en leur chateau de Pierre Seize.

courapp.gifLa Maison de Roanne fut la proie des flammes en 1622 et restaurée à partir de 1627.

Dans la salles des audiences criminelles se déroula, à partir du 12 septembre 1642, le procés du Marquis de Cinq-Mars qui fut condamné à mort avec son ami et associé le Conseiller au Parlement de Paris De Thou, pour conjuration contre le Roi et son premier ministre le Cardinal de Richelieu.

Pendant la Terreur (1793-1794), la prison de Roanne ne désemplit pas et retînt prisonniers un grand nombre de suspects jugés par le Tribunal Révolutionnaire, à l’issue d’un bref interrogatoire et pour 1940 d’entre eux, condamnés à être guillotinés place des Terreaux ou fusillés collectivement à la plaine des Brotteaux.

C’est dans le palais de justice actuel construit par Balthard, dans la salle de la Cour d’Assises du Rhône, que fut jugé à partir du 2 août 1884, l’anarchiste italien Santo Caserio, assassin du Président de la République Sadi Camot, pour le crime qu’il avait commis, à coup de poignard, le 24 juin de la même année, au cours de la visite officielle du Chef de l’Etat à Lyon. Il fut condamné à mort et guillotiné le 16 août 1884.

Ce fut aussi dans la salle de la Cour d’Assises du Rhône qu’on jugea Charles Maurras à partir du 24 janvier 1945 et qu’il fut condamné à la réclusion à perpétuité et à la dégradation nationale pour intelligence avec une puissance ennemie et participation à une entreprise de démoralisaiton de l’Armée ou de la Nation avec intention de favoriser les entreprises de toutes natures de l’Allemagne.

Enfin, dans la grande salle des pas perdus, spécialement aménagée à cet effet, Klaus Altmann dit Barbie, fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contrel’humanité commis pendant la guerre en 1943 et 1944, à l’issue d’un procés qui se déroula du il mai au 3 juillet 1987 et qui fut intégralement filmé en raison de l’intérêt historique qu’il présentait.

Comme l’a fait remarquer l’Avocat Général Jean-Olivier Viout qui fut l’un des artisans du maintien de ces juridictions dans le Palais de Justice Historique. «la Cour d’Appel de Lyon et la Cour d’Assises du Rhône demeurent sur les bords de la Saône, là même où, depuis près de dix siècles, la Justice et l’Histoire ont fixé certains de leurs plus grands rendez-vous